Ca fait un petit moment désormais que mon intution m'est inutile. Je ne sais plus lire les sentiments dans les yeux, j'ignore si les sourrires sont médicamenteux ou s'ils sont sincères, je ne sais jamais quand c'est de l'agacement, quand c'est de la tristesse, quand c'est du ras-le-bol, quand c'est de la joie, du regret, quand c'est vrai et non joué, quand on le pense ou quand on fait semblant, les choses qu'on tait, celles qu'on me cache, les informations qu'on omet ou les larmes qu'on ravale. Je sais qu'on est dans le flou, qu'on avance à taton et que rien n'est plus incertain que demain. Oui ça je m'en suis apperçue. Si je suis devenue une personne préssée, c'est peut ètre à cause de tout ça, peut ètre parce que je veux sortir de cette sitation qui stagne, qui croupie. A l'origine, je suis plutot flemmarde, mais je suis devenue préssé, préssé de réussir, pour oublier que ma vie et un gigantesque bordel dont je ne suis pas responsable, dans lequel je suis juste spectatrice. Préssé de partir pour essayer de tout remettre en l'ordre avec du recul, ou partir pour me reconstruire ailleur. Les adultes sont incompréhensibles. Voyez les conséquences catastrophiques qu'ont leurs oui et leurs non, la capacité qu'ils ont à ètre égoiste, la puissance qu'ils détiennent, suffisante pour tout détruire. Je suis fatiguée des cachoteries, des faux semblants. Le jour où je me suis menti, je me suis dis qu'on s'en sortirait, qu'on se soutiendrait, qu'on serait toujours d'accord, et qu'on prendrait les bonnes décisions. J'me suis dis que tout aller bien ce passer, que j'étais suffisamment forte, que c'était un malheur relatif, qu'il y avait des choses plus graves dans la vie. Aujourd'hui, je m'apperçois que ma plus grande valeur, ma priorité, mes principes, se sont évanouis. Je ne crois plus en l'amour, et rien n'est plus grave que de ne plus croire en l'amour quand on a à peine 17ans, les adultes et leurs bétises adolescentes ont le pouvoir de détruire nos croyances enfantines, ils ont le pouvoir de d'enlever tout son sens et tout le poids de son symbole à la phrase dans laquelle nous avons tous voulu croire: "ils vivèrent heureux et eurent beaucoup d'enfants".
J'voudrais retourner en Italie.